Fiche 9.3. Risques électriques

A domicile, au travail, dans les lieux publics, l’électricité est partout. Indispensable dans notre quotidien, elle présente cependant un risque. C’est pourquoi les installations électriques sont soumises à des règlements et contrôles stricts.

Version pdf Fiche 9.3.

La prévention des risques électriques (électrocution, incendie, etc.) repose :

  • sur la mise en sécurité des installations et des matériels électriques ;
  • sur le respect des règles de sécurité.

Une information et une formation pertinentes sont donc primordiales.

Le Règlement général des Installations électriques (RGIE)

Les principales prescriptions réglementaires générales en matière d’installations électriques se trouvent dans le Règlement général des installations électriques (RGIE). Ce RGIE a été introduit par l’arrêté royal du 10 mars 1981. Il est d’application aux installations électriques qui ont été mises en fonction après le 1er octobre 1981. Il donne et explique une série de mesures de prévention contre les effets de l’électricité, et comprend des prescriptions relatives au choix et à l’utilisation des lignes, machines et appareils électriques. De plus, il détermine les prescriptions spécifiques relatives à certaines anciennes installations électriques.

Le nouvel arrêté royal du 4 décembre 2012 (remplaçant celui du 2 juin 2008), définit les prescriptions minimales de sécurité des anciennes installations électriques (celles d’avant 1981), afin qu’elles soient conformes aux instructions du RGIE. L’arrêté exige une analyse de risques de chaque installation électrique et détermine les contrôles périodiques pour les anciennes installations.

Cas des installations domestiques

On entend par installation électrique domestique :

  • soit une installation électrique composée d’une ou de plusieurs unités d’installation :
    • qui alimentent soit une unité d’habitation, soit une unité de travail domestique, soit des parties communes d’un ensemble résidentiel ;
    • et qui appartiennent à une seule et même personne physique ou morale, ou à un ensemble de copropriétaires ;
  • soit un moyen de production d’énergie électrique (et l’installation en elle-même) qui dessert une unité d’habitation ou de travail domestique, ou les parties communes d’un ensemble résidentiel.

Toute autre installation électrique est réputée non-domestique.

Risques contre lesquels il faut apporter une protection

Lors de l’élargissement de l’installation électrique, on différencie trois catégories de tension, qui mènent à des exigences techniques différentes. Il s’agit de la très basse tension, de la basse tension, et de la haute tension.

Les risques principaux contre lesquels la réglementation veut offrir une protection sont les suivants :

  • les chocs électriques ;
  • les influences thermiques ;
  • la surintensité ;
  • la surtension ;
  • la diminution de tension ;
  • les effets biologiques des champs électriques et magnétiques ;
  • les risques de contamination ;
  • les risques à imputer au mouvement.

En détail :

Le choc électrique, à propos duquel on établit une différence entre un contact direct et indirect :

  • en cas de contact direct, il y aura par exemple une protection par isolation ou éloignement ;
  • en cas de contact indirect, il pourra y avoir une protection active, par exemple via une interruption automatique du courant.

Les influences thermiques concernent les brûlures, les incendies et le danger d’explosion.

Les surintensités concernent une éventuelle surcharge ou un court-circuit.

La surtension concerne les circuits, et peut être influencée par les conditions atmosphériques.

La diminution de tension signifie que le courant électrique chute soudainement. Dans ce cas, il faut rendre impossible que certaines machines redémarrent automatiquement quand la tension revient.

Les risques de contamination, pour lesquels des précautions sont prises afin que l’environnement ou les produits traités ne soient contaminés par certains éléments constituant le matériel électrique (ex. : à l’occasion d’un bris d’ampoule).

Les risques dus aux mouvements  : lorsqu’il s’agit de constructions fragiles ou pouvant être soumises à des dégradations dues à des mouvements, les installations électriques seront d’un type susceptible d’absorber les déformations sans se dégrader.

Obligations [1]

Le propriétaire, le gestionnaire et éventuellement le locataire d’une installation électrique sont tenus :

  1. d’en assurer ou d’en faire assurer l’entretien.
  2. de prendre les mesures voulues pour que les prescriptions du RGIE soient respectées en permanence.
  3. d’avertir immédiatement la direction « Administration de l’énergie » du Service public fédéral Economie et Energie, de tout accident survenu aux personnes dû aux installations électriques.
  4. de faire contrôler régulièrement le bon fonctionnement des différentiels.
  5. de détenir le dossier électrique (schémas, rapports de l’organisme de contrôle, etc.). Le dossier électrique, qui doit être en possession du propriétaire et éventuellement du locataire, comprend, outre les rapports d’inspection, les schémas unifilaires et les schémas de position.

Contrôle

Toute installation à basse tension, si elle fait l’objet d’une modification significative (ex. : ajout d’un circuit), doit être soumise à un contrôle de conformité avant sa mise en service. Et cela même si elle est alimentée par le biais d’une installation privée.

Ce contrôle doit être effectué par un organisme agréé.

Différents contrôles imposés par le RGIE :

  • contrôle de conformité de l’installation aux prescriptions du RGIE avant le raccordement au réseau d’une nouvelle installation ;
  • contrôle de conformité de l’installation aux prescriptions du RGIE lors de modifications ou extensions importantes d’une installation électrique existante ;
  • contrôle de conformité de l’installation aux prescriptions du RGIE lors de toute demande de renforcement de la puissance de raccordement (Art 276), et dispositions dérogatoires ;
  • contrôle de conformité de l’installation aux prescriptions du RGIE lors de la vente d’une unité d’habitation (A.R. du 25 juin 2008), et dispositions dérogatoires. Cette obligation ne concerne que les anciennes installations domestiques qui n’ont pas fait l’objet d’un examen de conformité (voire d’un examen de conformité complet) après le 1er octobre 1981 ;
  • contrôle périodique après 25 ans de mise en service, et dispositions dérogatoires.

Quelques conseils de prudence

  • Examinez/faites examiner votre installation électrique. Vérifiez que dans le tableau électrique, il existe :
    • une prise de terre et une protection différentielle ;
    • un appareil général de commande et de protection de l’installation.
  • En cas de doute sur votre installation, faites appel à un professionnel.
  • Prenez soin des câbles électriques.
  • Faites réparer les prises cassées, démontées ou mal fixées.
  • Utilisez des blocs multiprises, de préférence équipés d’un système de coupe-circuit.
  • Assurez-vous que toutes les machines soient pourvues d’une prise de terre.
  • Vérifiez que le cordon d’alimentation des appareils électriques est en bon état.
  • Débranchez les appareils électriques avant de les nettoyer, de les réparer ou en cas d’orage.
  • Faites attention au risque d’électrocution.
  • N’utilisez que du matériel conforme : il est reconnaissable grâce au label CE [2].

[1Référence : www.aib-vincotte.com